Sommes nous accros de sport ?
Préambule
Nous avons choisi de traiter un sujet sur notre dépendance au sport, si on peut parler de dépendance, car nous verrons que cette notion est emprunté pour imager le phénomène. En effet, les sports d'endurance engendrent une telle débauche d'énergie et nécessite un tel entraînement qu'on peut se poser la question de savoir si nous en sommes dépendant. Certains cyclistes et tri athlètes s'entraînent jusqu'à 25 heures par semaines ne s'imposant que de bref répit.
Pour certains neurologues qui travaillent auprès des toxicomanes comme le professeur De Witte, mais qui est aussi un triathlète spécialisé dans les Ironman, notre cerveau ne peut tourner autrement qu'avec des routines physiologiques. "Le cerveau accède au bien être grâce à la reproduction cadencée de processus physiologiques". Celui qui joue de la musique accède à cette routine des sens, celui qui récite des prières également. C'est exactement la même chose dans le sport. En courant, en pédalant, en nageant, nous accédons à une routine physiologique des sens. Que ce soit en faisant de la musique du sport, du bricolage... il est possible de trouver sa propre rythmicité et d'éprouver des émotions.
Ancien fumeur le professeur De Witte, à commencer le sport sur le tard, il nous raconte que lors de son premier marathon il a éprouvé dans les derniers kilomètres une décharge d'émotions comme jamais il n'en avait connu au cours de sa vie. Il semblerait, que les plus grandes émotions et sensations que notre cerveau puissent éprouver passe par la perception des changements et modifications physiologiques. Le sport est un formidable vecteur de transformation et de sensations physiologiques. L'entraînement transforme le corps à court, moyen et long terme. Malheureusement les drogues douces ou dures induisent des modifications physiologiques que le cerveau perçoit. La différence avec le sport réside dans l'investissent. Le sportif est l'acteur principale de ces sensations, mais surtout le corps humain dispose de mécanismes d'alertes qui l'empêche de se mettre en danger à l'inverse des drogues qui court-circuitent totalement les mécanismes d'alertes.
Pour conclure Philippe De Witte nous dit : "Finalement, ce sont les sens qui dictent leur loi au cerveau. En un mot nous sommes ce que nous percevons et rien d'autre. Si l'être humain veut progresser intellectuellement il à intérêt à développer ses perceptions physiologiques et rechercher des émotions."
Sommes nous dès lors dépendant du sport ?
Un peu ! L'entraînement, les compétitions sont sources de routines physiologiques, d'émotions intenses que notre cerveau accueil avec un plaisir certain. Des études sur d'anciens sportifs de haut niveau constatent que cette population tombe plus facilement dans l'alcoolisme et la drogue en l'absence des heures de sports qu'ils s'imposaient auparavant.
Ne nous alarmons pas pour autant, la pratique du sport ne peut pas être comparer à la toxicomanie. S'il est prouvé dans l'avenir que notre cerveau ne peut vivre sans routines physiologiques et émotions, le sport sera alors un outils précieux pour lutter contre la toxicomanie, à condition bien sûr de ne pas arrêter brutalement, ni de sombrer dans les travers du sport (dopage, surentraînement, anorexie...)
Lorsque nous enfourchons notre vélo nous ne devons pas redouter de devenir accros de sport, même si nous faisons 15 h et plus par semaine. L'effort physique ne ruine pas le cerveau comme la plupart des drogues. En effet les processus biologiques engendrés par l'effort physique ne détruise pas les neurones.
Nous verrons plus tard que la façon d'envisager le sport détermine aussi ces issues, en particulier la reconversion, le déplacement de la motivation vers d'autres aspects (compétition - cyclosport - cyclotouristes - entraîneur - dirigeant de club...)
Quentin Leplat
Pour ma part, je ressens le sport et la compétition comme un plaisir. Les difficultés, les sensations, les émotions de joies comme de souffrances sont autant de moment que je recherche à l'infinie. Je ne m'en lasse pas, j'aime malgré tout changer de disciplines après 14 années à ne faire que du vélo, la course à pied et le duathlon suscitent de nouvelles sensations. Je me reconnais assez dans les propos de Philippe De Witte. Lorsque je n'ai pas d'objectifs proche je n'ai aucune difficulté à me passer d'entraînement ou à réduire l'intensité. Si je ne me vois pas arrêter le sport ce n'est pas par dépendance, mais plutôt parce qu'il n'y a aucune raison d'arrêter et que cela fait partie de mon mode de vie, autant dans mes loisirs que sur le plan professionnel.
Bibliographie : Sport et vie Hors série N°10 le rôle du cerveau dans le sport. Ed Faton