Dossier
Tour de France 2006
Le tour de France en chiffre.
Le Tour de France 2006 c'est 3657 km en 20 étapes soit une moyenne de 182 km de course par jour. Nous avons choisit d'analyser ce Tour de France en terme d'impact énergétique et physiologique sur l'organisme humain. Quelle est la dépense énergétique moyenne des coureurs, quelles sont les difficultés que l'organisme devra surmonter, comment font les coureurs pour récupérer...
1 La
dépense énergétique des coureurs du Tour.
Quelques études et recherches ont été effectuées pour évaluer la dépense énergétique des coureurs du Tour de France. Pour parcourir quelques 3600 km il faut apporter un carburant à ces muscles qui vont par l'intermédiaire des mécanismes bio-énergétiques produire l'énergie mécanique nécessaire à ce périple.
On peut estimer les apports énergétiques moyen des coureurs entre 4000 et 5000 kcal / jour pour parcourir les 182 km moyen de course. A cela on peut ajouter la dépense du métabolisme de base, soit environ 2000 kcal. Les coureurs vont en moyenne consommer des denrées alimentaires pour quelques 6000 à 7000 kcal chaque jour. Pour parvenir à brûler ces calories il faut évidemment des apports alimentaires en conséquence. 6000 kcal représentent 2.2 kg de pain (5 pains), ou 3.5 à 4 kilos de pâtes cuite... Bref cela est gargantuesque et il va sans dire que pendant le Tour de France les coureurs mange énormément. Une qualité indispensable pour être un coureur par étapes c'est de savoir s'alimenter, d'avoir un système digestif capable d'assimiler les aliments malgré les efforts, la fatigue, la déshydratation.
Si les coureurs mangeaient autant sans pédaler ils pourraient prendre quelques 12 kilos de masse grasse en 20 jours.
Ces chiffres sont bien sur très mathématique et tous les organismes n'auront pas les mêmes réactions et besoins, mais en moyenne ces valeurs sont très réalistes.
Pour information un sédentaire dépense entre 2000 et 2800 kcal.
(méthode d'estimation : 182 km à 40km/h : 300 W (66 à 75% de PMA) en moyenne pour les coureurs soit 18 kcal / min) PMA estimer des coureurs du tour entre 400 et 450 W
2 Les besoins énergétiques des coureurs du Tour.
Par besoins nous entendons ce
que les coureurs doivent consommer pour parvenir à cette débauche d'effort. Il
est évident que les coureurs ne vont pas se nourrir de beurre et d'huile
d'olive malgré la richesse énergétique. Les muscles ont besoins de glucides
pour être efficaces. Mais compte tenu de la durée des efforts, de la
répétition des étapes la participation des lipides à l'effort peut être
estimer entre 20 et 40 % de la dépense énergétique total. Une partie est
provient de l'alimentation qui apporte facilement 20 à 25 % de l'énergie total
et le reste provient des réserves lipidiques de l'organisme. Ainsi il est possible que
certains coureurs perdent quelques kilos durant ce long périple. Paradoxalement
nous savons que le poids des coureurs ainsi que le % de MG ne baissent pas
énormément durant les 21 jours de courses. Nous pouvons en conclure que les
coureurs s'alimentent bien pendant l'effort avec des aliments glucidiques
facilement absorbés par le système digestif. (boisson énergétique, barre et
gel énergétique, petit sandwich au fromage, riz au lait...).
Les autres repas sont aussi riches en glucides complexe (pain, pâtes, semoules, riz, blé... ). Enfin, certains coureurs utilisent des boissons très glucidiques (maltose) dans le cadre de la récupération. L'avantage de cette méthode sera de ne pas surcharger l'estomac car ces boissons ne demandent pas un effort digestif important. Il est aussi probable que des procédés de réhydratation intra veineuse soient utilisées. Ce qu'il faut retenir c'est que l'alimentation demande une attention toute particulière et le staff technique doit veiller à un apport glucidique suffisant.
On peut estimer la répartition énergétique de la façon suivante :
Glucides 60-70% de l'apport énergétique (900 à 1000 g)
Protéines 15-20% de l'apport énergétique (180 à 250 g)
Lipides 15- 25% de l'apport énergétique (120 à 150 g)
Les apports en protéines sont finalement assez élevés, bien au dessus des 1.5 g / kg que peuvent consommer les sportifs des sports épuisants. En effet, lors d'efforts très long à intensité élevée l'épuisement des réserves glucidiques est compensée par la combustion des acides aminés ramifies qui sont utiliser à des fins énergétiques dans le cadre de la néoglucogenèse. Nous pensons que dans le cadre d'une épreuve aussi dure ce phénomène est inévitable.
3 Les besoins hydriques des coureurs du Tour
Ils sont évidemment bien supérieurs au 1.5 litre d'eau plate conseillé dans les recommandations d'usage aux sédentaires. Pendant les 180 km par jour avec une température de 25 à 28° en moyenne les coureurs du Tour absorbent facilement 5 à 8 litres de liquides durant les étapes. Cet apport hydrique permet de renouveler les liquides perdues pendant l'effort pour refroidir l'organisme, mais aussi pour permettre l'élimination des déchets métaboliques, ou encore pour permettre le stockage des réserves glucidiques qui nécessite 2.7 g d'eau pour 1 g de glycogène fixé dans l'organisme.
L'eau perdues par le sudation contient aussi de nombreux minéraux et vitamines hydrosolubles. En effet, la plupart de vitamines sont stockés dans l'eau et une déshydratation accrue s'accompagne de pertes supérieures. En ce qui concerne les minéraux les cyclistes bien entraînés perdent moins de minéraux, mais les pertes sont inévitables pour que l'organisme conserve sont équilibre ionique.
Comme les coureurs du Tour ne perdent pas que de l'eau il leur faut absolument s'hydrater avec des boissons enrichies en minéraux, vitamines et oligo-éléments indispensable à l'équilibre minéral des cellules. En effet s'ils ne buvaient que de l'eau pure il se produirait une dilution de l'organisme avec un chute de différents taux minérales pouvant entraîner l'arrêt cardiaque. Les sportifs entraînés sont moins sensibles à ce phénomène de dilution minérale, mais il est fréquent que des sédentaires se lançant dans un marathon connaissent des incidents cardiaques.
Certains coureurs n'utilisent pas de boissons énergétiques spécifiques, mais ils consomment pendant l'effort des aliments solides qui contiennent aussi des minéraux. Enfin, l'organisme dispose de facultés de stockage et de gestion surprenantes des réserves minérales pour se prémunir des incidents. Toujours est il que les besoins hydriques et en minéraux comme le potassium, le sodium, le magnésium sont très liés.
4 L'organisme en souffrance des coureurs du Tour.
Pendant les 20 jours de courses les coureurs vont effectuer des efforts intenses, parfois en altitude, sous la pluie ou la canicule, ils vont aussi mettre leur système digestif à rude épreuve, ils vont connaître des épisodes de déshydratation... bref un calvaire pour l'organisme. Ci dessous une liste des phénomènes biologiques liées à tout ces efforts.
Élévation de la libération des hormones du stress (adrénaline, glucocorticoïdes...). Ces hormones sont encore présentent après l'effort dans l'organisme à des taux supérieure à la normale. Ces résidus hormonaux perturbent le sommeil et le retour au calme. D'autre hormones entre en jeux comme l'insuline et le glucagon qui régule la glycémie. Ces dernières ne pose pas de problème particulier en terme de récupération contrairement aux hormones du stress qui perturbe le retour à un état de relâchement et la restauration de l'organisme. Enfin les hormones qui régule l'équilibre hydro-minérale peuvent parfois poser problèmes et ralentissent le retour d'un bon équilibre hydro-minéral dans l'organisme. (Repos, relaxation, récupération active sont les seules solutions pour retrouver l'équilibre hormonales)
Production de déchets métaboliques qui empoisonne les cellules et rendent difficiles la réalisation de l'effort. Parmi ces éléments nuisibles citons les ions H+ qui résultent de la décomposition de l'acide lactique. Ces ions hydrogène acidifie l'organisme et perturbe le Ph neutre des cellules. Le réduction du Ph perturbe l'activité énergétique, enzymatique et donc la capacité à produire un effort. D'autres déchets moins connus mais tout aussi gênant résulte de l'effort. Ainsi l'ammonium est un déchet qui est produit lorsque les réserves énergétiques en glucose sont épuisées et remplacé en partie par les acides aminés ramifiés. Ce déchet difficile à éliminer perturbe énormément les métabolisme énergétique et peut persister dans l'organisme pendant plusieurs jours contrairement à l'acidité qui retrouve rapidement sa valeur neutre. (Boisson alcaline, acides aminés souffrés et repos font partie des solution pour accélérer le processus d'élimination des déchets.)
L'effort prolongé entraîne également une dépression immunitaire qui rend les sportifs plus sensible aux infections diverses. (pharyngite, rhume, infections, troubles digestifs...) Ces petits soucis de santé rendent l'effort pénible, mais aussi les phases de récupération (mauvais sommeil, moral en baisse...). (Éviter de s'exposer au changement de température et climatisation hygiène corporelle, alimentation saines sont les solutions pour se protéger des risques d'infections)
Épuisement des réserves énergétiques intra musculaire, micros lésions des fibres musculaires. Bien qu'il n'y ai pas de traumatisme dans le geste du pédalage, la répétition de l'effort pendant plusieurs heures engendre des processus inflammatoire et oxydatif (radicaux libres) qui atteignent l'intégrité des cellules musculaires. (Alimentation, hydratation, massage, étirement, apport de complément acide aminés ramifiés font partie des solution nécessaire à la récupération.)
Le corps en surchauffe. Le corps humain n'a pas un très bon rendement, il doit évacuer une partie de l'énergie chimique sous forme de chaleur. Hors le corps humain ne supporte pas les variations de température. Pour lutter contre la surchauffe le corps perd beaucoup d'eau et à besoin d'être ventilé pour refroidir la surface de la peau par laquelle s'évacue la chaleur. Le refroidissement est très difficile dans les cols ou la vitesse réduite limite le refroidissement par ventilation. Les surchauffes sont dangereuses pour l'organisme et particulièrement pour le cerveau et toutes les cellules nerveuses.
Nous pourrions aussi parler des chutes et blessures à la selle qui sont des contraintes supplémentaires pour l'organisme.
5 Quelques conseils d'expert.
Voici une liste de conseils donnés par des coureurs expérimentés qui ont déjà effectué des épreuves par étapes de plusieurs jours. Parmi ces propos recueilli à droite à gauche en voici des exemples simples mais très judicieux.
"Sur les courses par étapes je préfère me lever 1 heure plus tard, tant pis si je ne respecte pas les 3 heures nécessaires à la digestion ou si je néglige l'échauffement. A la fin du Tour j'aurais gagné 20 heures de sommeil en plus et cela représente presque une journée complète de repos en plus. Il faut grappiller chaque instant de repos."
" Il ne faut pas rester debout dans le hall de l'Hôtel à discuter avec les journalistes, la station debout est à proscrire pour la circulation du sang"
"Même si vous vous sentez bien ou si vous n'en ressentez pas le besoin pendant la course il faut vous alimenter, il faut se tenir à une stratégie nutritionnelle même si cela est parfois contraignant."
"Il est important de ne pas se jeter partout, on ne peut pas faire la course à fond tous les jours."
"Lorsque vous n'êtes plus dans le coup inutile de vous épuiser pour grappiller 1 ou 2 minutes dans le dernier cols, mieux vaut rester bien sagement dans le groupetto."
"Une fois la ligne d'arrivée franchie, il faut vite se sécher changer de vêtement et se couvrir un peu plus avant d'arriver à l'hôtel. Parfois il faut 1 heure pour rejoindre l'hôtel."
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