FORCE / PUISSANCE / ENDURANCE.

La puissance :

 La notion de puissance est complexe, elle peut s’appliquer à plusieurs dimensions de la performance, ce qui prête souvent à confusion. En effet, on peut parler de puissance du métabolisme aérobie, qui renvoie au VO2max ou de puissance anaérobie ou musculaire. En pratique la puissance c’est ce qui permet d’accélérer, de rouler vite, de produire un effort de haute intensité.

Sur une durée d’effort donnée, est plus puissant celui qui roule le plus vite. A l’inverse, est plus endurant celui qui maintient le plus longtemps cette puissance.

 Selon le type d’effort la puissance ne met pas en jeu les mêmes mécanismes. On peut distinguer en cyclisme la puissance du métabolisme aérobie et celle du métabolisme anaérobie. Dans le premier cas il s’agit de la PMA qui est à l’origine du niveau d’effort que l’on peut produire pour monter une côte ou sortir du peloton, dans le second cas il d’agit plutôt de la puissance mise en jeu pour sprinter, ou accélérer.

Etre puissant ne veut pas dire que l’on peut utiliser un développement très long (gros braquet). Celui qui utilise un plus gros braquet pour monter une côte n’est pas forcément plus puissant, mais il utilise plus de force. Le plus puissant sera celui qui roulera le plus vite. D’un point de vue mathématique la puissance est le produit de la force et de la vitesse (P = F * V). Ainsi, pour produire une même puissance certains cyclistes vont mettre en jeu plus ou moins de force et vitesse. Toutefois on ne peut pas dire qu’il existe un compromis de référence entre ces deux composantes de la puissance. Par contre, la vitesse et la force doivent être travailler judicieusement.

 Si des coureurs de hauts niveaux montent l’Alpe d’Huez  en 50 minutes avec un braquet de 39 * 23, ceux qui monteront en 1 heure sur le même braquet auront théoriquement la même force relative, mais une puissance inférieure. C’est donc la vitesse à laquelle est produit le niveau de force qui détermine la puissance produite.

Dans cet exemple la différence de puissance ne tient pas forcément de la capacité à tourner vite les jambes. Des mécanismes physiologiques sont en causes. Ainsi le VO2 max, les réserves énergétiques en glycogène, l’endurance, la coordination inter et intra musculaire… sont des paramètres qui peuvent influencer la capacité à mobiliser rapidement un niveau de  force donné.

 

La force :

         Il s’agit aussi d’une notion qui engendre beaucoup de confusion dans les pelotons cyclistes. Etre fort, ce n’est pas seulement utiliser un braquet plus gros que les autres. La force se définit comme la capacité à exercer une tension musculaire. Plus la mise en tension des fibres musculaires est importante, plus grande est la force exercée.

         Comme la puissance aérobie, la force musculaire maximale ne peut être maintenue au-delà de quelques secondes. Hors, les courses cyclistes durent parfois plusieurs heures. Les muscles ne sont donc pas mobilisés à des intensités élevées de leur force maximale. En cyclisme, on dira plutôt que celui qui utilise un développement plus gros que les autres disposera d’une endurance de force supérieure aux autres.

 

L’endurance de force :

    Cette qualité musculaire illustre mieux la notion de force en cyclisme. En effet, la durée des efforts limite la faculté à produire un niveau de tension élevée au sein des fibres musculaires.

On devrait plutôt parler d’endurance de force pour illustrer la faculté à utiliser un gros développement.

Toutefois la faculté à produire un niveau de force relativement élevé dépend aussi de facteurs bioénergétiques, des facultés de coordination et de l’état de fraîcheur du coureur.

 

On peut parler d’endurance de force pour des efforts maximaux qui durent entre 30 secondes et 15 minutes. Au-delà de cette durée, ce sont plutôt les facteurs énergétiques qui limite le plus la performance.