EFFORT ET SYTEME IMMINUTAIRE
Comment se fait-il qu'un athlète entraîné ait tendance à tomber malade ? Qu'est ce qui permet d'expliquer cette concordance entre infections et forme sportive ? Et surtout, que peut-il faire pour limiter les risques de maladie ?
Les effets de l'exercice physique sur le système immunitaire sont extrêmement controversés. Toutes les opinions ont été émises. Pour certains, l'exercice s'accompagne d'une augmentation du nombre et de l'activité des cellules immunitaires (Pedersen et al, 1989). Pour d'autres, il n'aurait pas d'effets (Brahmi et al 1985). Un troisième groupe de scientifiques pense, au contraire, que l'activité physique provoque une diminution de la réponse immune (Lewicki et al 1987). Ces contradictions supportent plusieurs explications :
En dépit de ces contradictions, il semble bien que l'entraînement physique intense engendre une dépression de certains paramètres immunitaires (Telgenhoff et Renk, 1989).
Les sportifs spécialistes de demi-fond et des sports d'endurance connaissent chaque année des épisodes de très grandes sensibilité aux petites infections, voir aux allergies (nez pris, toux…). Les symptômes sont rarement graves mais toujours gênants. Ces profils sont cependant simplifiés et sommaires. Ils peuvent être liés aux séances d'entraînement ou à un état de sur-entraînement en l'absence de toute infection. A l'inverse, ils peuvent provenir d'une cause sans rapport avec l'activité physique (une allergie par exemple). Au-delà des techniques permettant d'établir le diagnostic de l'infection, ce qui compte avant tout pour le sportif, c'est de connaître les moyens à mettre en œuvre pour ne pas avoir à la subir. 3 Préjuger Nous avons tous tendance à donner comme cause de cette grande faiblesse immunitaire une réduction du % de MG. "quand je suis maigre je chope tout ce qui passe". Voici une phrase récurrente que les sportifs avancent trop facilement. La réalité est plus complexe, de nombreuses personnes non sportives et maigres en sont pas malade. La maigreur n'est que le signe apparent d'un entraînement intense et d'une alimentation particulière qui vise la performance. Le fait de maigrir est épuisant, si en plus l'entraînement est intense on peut effectivement redouté une faiblesse immunitaires. Mais on peut parfaitement maintenir un poids faible stable sans détresse immunitaire. Top niveau et maigreur sont souvent indissociable en course à pied, en cyclisme, en triathlon..., mais ce n'est pas la maigreur qui est en cause dans la baisse des défenses immunitaires, mais la charge d'entraînement importante et intense qui accompagne un tel niveau de performance.
Les premiers conseils que nous pouvons donner sont d'ordres préventifs. Ils consistent à tout mettre en œuvre pour réduire la probabilité d'infection. Il s'agit, pour le sportif, d'éviter les situations à risque :
Le deuxième conseil, que nous pouvons apporter, est lié aux soins. Coté diététique :
La prévention, c'est à dire l'attitude qui consiste à repérer les périodes à risque et à tout faire pour prévenir leurs effets, et les soins rapides sont les meilleurs garants de la suite de la pratique sportive. Il serait tout de même dommage de passer à côté d'un objectif préparé pendant 6 mois ou 1 an pour une veste oubliée. Bibliographie Ferry A. Immunomodulations liées à l'exercice musculaire. 1 les modulations des effectifs des cellules immunocompétentes. Science et motricité 1991 ; 13 : 48-56. Ferry A. Immunomodulations liées à l'exercice musculaire. 2 les modulations des activités des cellules immunocompétentes. Science et motricité 1991 ; 14 : 46-53. Garnier A, Rouillon JD. Biologie appliquée au sport : suivi physiologique, préparation biologie. Eds Amphora. Paris 1991. Lewicki R, Tchorzewski H, Majewska E, Nowak Z, Baj Z. Effect of maximal physical exercise on T lymphocyte subpopulations and on interleukine-1 and interleukine-2 production in vitro. Int J Sports Med 1989 ; 9 : 114-117. Pedersen BK, Twede N, Chritensen LD, Klarlund K,Kragbak S, Halkjear-Kristensen J. Natural killer cell activity in peripheral blood of highly trained and untrained persons. Int J sports Med 1989 ; 10 : 129-131. Riche Denis, Guide Nutritionnel des sports d'endurance - Edition Vigot - 1998 Telgenhoff G, Renk C. Effects of acute exercise on lymphocyte mitogenic responses inconditioned and non-conditioned male subjects. Med Sci Sports Exerc 1989 ; 21, Suppl 2 : S110 (abstract). |